Axe Sud - Ecole supérieur d'arts Graphiques et de Communication visuelle à Marseille et Toulouse

Une boite à la taille de ses rêves ! !

Elle travaille chez Cartoon, la plus importante agence de packaging de la région
Toulousaine, elle aime la rigueur, la photo, la réflexion, l’analyse consommateurs… et
l’illustration. Sa première passion qui l’a menée vers les métiers du graphisme et du
packaging ! Agnès Raboul est définitivement emballée par son job !

En quoi consiste ton job ?


Agnès Raboul : Design de marque et packaging sont les deux piliers de l’agence Cartoon. Notre force est d’accompagner nos clients durant tout le process de packaging, de la réflexion stratégique fondée sur les analyses marketing, l’étude des cibles et des concurrents, à la création d’une identité visuelle et à son déploiement sur les produits, les lieux de vente ou d’exposition… Dans cette démarche globale réalisée par différents collaborateurs de l’agence, j’interviens sur la partie création de logo, charte graphique et packaging. Même si je travaille sur tout type de projets, j’ai quelques domaines de prédilection : la cosmétique, les packagings autour de l'univers de l'enfant, de l’alimentation et du bio… un peu moins du sport et de l’alcool !

 

Où commence la conception d’un packaging ?

A.R. : Il y a plusieurs étapes dans le processus créatif : le marketing analyse la demande, la concurrence, les spécificités des cibles potentielles et l'opportunité d'un travail de segmentation de la gamme produits. Cette première approche peut être complétée par une analyse terrain. Voir les produits in situ permet de mieux appréhender les points à améliorer et d'observer l'environnement concurrentiel. Cette première phase soulève généralement de nombreuses questions : faut-il revoir  la segmentation d’une gamme pour aider le consommateur à se repérer en rayon ? Comment rafraîchir les codes graphiques d’une gamme de produits sans perdre des clients fidèles habitués à une certaine charte visuelle ? Comment se démarquer des concurrents ? Les produits ont-ils assez d’impact en rayon ? etc. Toutes ces interrogations devront trouver des réponses au sein de nos propositions. 

Avec toutes ces données en main, le chargé de projets détermine des concepts ou dits en d’autres termes, des axes créatifs qui s'appuient sur une histoire. C'est alors qu'intervient le graphiste chargé de transcrire de manière visuelle et graphique les univers précédemment déterminés. Lorsque la direction choisie est validée par le client, nous affinons notre travail jusqu'à sa plus grande satisfaction. A chaque étape du projet, nous l'accompagnons dans ses choix par nos conseils et notre expérience sachant qu'une des finalités du packaging est de contribuer à l’amélioration des ventes.

Quel est, selon toi, le défi d’un tel métier ?


A.R. : Je dirais qu’il s’agit d'un juste alliage entre créativité et rigueur. Nous devons réaliser des packagings visuellement attractifs et séduisants tout en respectant les exigences de chaque domaine d'activité. Tout est signifiant sur un packaging : la taille du logo, les contraintes des certifications et informations obligatoires, la lisibilité de la typo, la hiérarchisation des informations, les couleurs utilisées, la perfection des photos, la valorisation d’un packaging sur son lieu de vente. Faire du packaging exige de bien connaître les habitudes des consommateurs, les codes d’un domaine, voire ses subtilités. Pour exemple, nous avons travaillé pour un nouveau type de cible : les flexitariens. Il s’agit d’un mode alimentaire visant à consommer moins de viande rouge et de poisson, sans pour autant y renoncer totalement. Le packaging demandé a pour mission d'emballer un produit qui a l’aspect du steack hâché (et son goût) sans être de la viande.
Quels codes utiliser pour être en phase avec la cible ? Ceux correspondant à une offre «carne» ou «végé» ? Comment faire passer le message avec ou sans ambiguïté ?

 

Quel est le projet qui t’a le plus plu ?


A.R. : Il y en a plusieurs mais le lancement de la gamme de biscuits «Les Mirliflores» a une résonance particulière puisque c’est le projet de deux amies historiennes passionnées de pâtisserie. Leur concept est vraiment original : proposer des biscuits aux recettes oubliées correspondant à différentes périodes de l'Histoire :

  • les "Boules de Poilus" pour la Première guerre Mondiale,
  • les Biscuits de la joie pour le Moyen-Age...

C’est toujours gratifiant de commencer le projet d’une jeune entreprise et de voir comment un packaging l'aide à la faire grandir. Le travail d’accompagnement a commencé avec la création du logo et des packagings. A travers le choix des typographies et des illustrations, ces derniers traduisent l'origine historique des biscuits. Leur mission était aussi de s'adapter à leur circuit de distribution, assez particulier puisqu'ils s'adressent à des épicerires fines, des musées dont celui du Louvre !

 

 


J’adore travailler aussi pour la marque «Il était un fruit» que nous accompagnons depuis le début. Il s’agit de fruits séchés qui proposent une alternative saine au snack. Il y a 3 gammes : une destinée aux adultes, une autre aux enfants et enfin une pour des réseaux spécialisés comme les jardineries. Sur la gamme enfant c’était amusant de créer des petites mascottes. 

Travailler en agence, est-ce vraiment différent des cas réalisés lors de ta formation chez Axe Sud ?


A.R. : A l’école, nous disposons de temps. Dans une agence, les contraintes budgétaires limitent parfois cette durée de création à quelques heures. Il s’agit de créer sur demande, très rapidement tout en respectant toutes les exigences du brief. 


Prévoyais-tu de faire un tel métier à ton entrée au sein d’Axe Sud ?


A.R. : Au départ, je souhaitais me lancer comme illustratrice. Face au marché, j’ai préféré travailler au sein d’une agence comme graphiste créa avec un salaire assuré. Aujourd’hui ma fonction me donne l’opportunité de passer d’un univers à l’autre, des produits cosmétiques aux produits alimentaires… Du design graphique aux retouches photos… Le fait de travailler dans une agence de 20 personnes fait que nous sommes tous force de
propositions, nous nous impliquons sur chaque dossier avec une grande dose de flexibilité ! Dans certains cas, je me limite au packaging et à des photos montage sur d’autres, je participe à la réflexion sur la segmentation d’une gamme ou d’un rayon entier. Mon job est très varié, alliant création et réflexion avec une véritable ouverture sur la société. C’est ce que j’aime.


Et l’illustration ?


A.R. : C’est toujours d’actualité. Sur les projets dédiés aux enfants, l’illustration participe souvent à l’identité d’un packaging. Il m’arrive très régulièrement de devoir créer des illustrations de styles différents selon les univers : des gravures pour une boîte de thé, des illustrations ludiques destinés aux produits enfants, des représentations délicates et élégantes pour les gammes luxe ou haut de gamme, des pictos à vocation technique expliquant l’usage de tel ou tel produit,... Par ailleurs, nous travaillons souvent avec des photographes dont nous nous permettons de retoucher les photos. Le visuel final doit être parfait au niveau des ombres, des lumières, des couleurs. L’étude documentaire est une discipline qui m’aide beaucoup dans ce domaine !
Toutes ces matières travaillées du matin au soir lors de ma formation à Axe Sud trouvent aujourd’hui leur utilité : le travail de l’image, du volume 3D, de l’illustration et de la typographie.


Qu’est-ce qui reste difficile dans ton métier ?


A.R. : Face à un client, il est parfois difficile de vendre une idée "plus rupturiste"... ou tout simplement très graphique. À l’école, nous avions carte blanche pour explorer ce genre d’univers et les profs nous poussaient dans nos retranchements. Le client quant à lui préfère généralement ne pas prendre de risques ! En tant que graphiste créa, c’est toujours très frustrant les premiers temps. Après il s’agit de temporiser et de continuer de proposer à nos clients de nouvelles pistes créatives… même s’ils ne les acceptent qu’un an plus tard.

 

Quels sont tes sites de recherche ou de veille ?


A.R. : The Dieline, un site anglosaxon spécialisé sur la veille en packaging, pinterest et
tout autre site inspirant, dans l’architecture, l’art…

 

En savoir plus

Le site web de l'agence Cartoon