Axe Sud - Ecole supérieur d'arts Graphiques et de Communication visuelle à Marseille et Toulouse

Un dessein de caractère !

Graphisme, peinture en lettres, calligraphie, typographie… le parcours de Théo Guillard ne manque pas de force. Immuable, il a gardé sa ligne de conduite : maîtriser le dessin de caractère. Aujourd’hui, expert en la matière, il conjugue projets personnels et professionnels avec toujours, la typographie au centre de sa création.

Q. Comment devient-on « typographe » ?

Théo Guillard : J’ai commencé par suivre le parcours proposé par Axe Sud : une année de Prépa et 3 ans d’étude en design graphique. Une fois diplômé, j’ai eu envie d’approfondir mes connaissances en typographie et fait un an de césure à La Cambre, dans l’atelier de typographie à Bruxelles. Là, j’ai été formé au métier du livre et de l’édition. C’était une expérience très enrichissante car nous étions considérés comme des auteurs, cela m’a ouvert de nouvelles perspectives par rapport à mes créations. Néanmoins j’avais toujours pour envie l’apprentissage du dessin de caractère. C’est à ce moment que j’ai été contacté par un ancien professeur. Il m’a parlé du Mastère en Typographie qui se montait à Axe Sud Toulouse, c’était parti. Aujourd’hui, c’est mon cœur de métier et cela me permet de travailler pour la création de calligraphie, dessin de caractère, peinture en lettres, lettrage, logos, etc.

 

 

Que t’as apporté le Mastère d’Axe Sud ?

T.G. : Le mastère d’Axe Sud m’a permis d’apprendre les bases du dessin de caractère avec une approche très plastique. L’intégralité de l’équipe du Mastère, ainsi que l’un des co-directeurs de l’école, est passée par le Scriptorium de Toulouse au sein duquel enseignait Bernard Arin. À travers cette pratique, ils ont reçu le même héritage culturel et acquis la même façon d’appréhender le dessin de caractère. Pour essayer de définir la pédagogie de ce Master je dirais qu’elle réservait une place importante à la calligraphie, à la fois dans le but de comprendre le fonctionnement des écritures historiques, mais aussi pour donner des outils d’interprétation. L’apprentissage d’une calligraphie dite expressive amène ainsi chacun à se constituer une écriture personnelle. Les enseignants ne se contentaient pas de transmettre cet héritage. Ils proposaient une actualisation des ces savoir-faire, notamment en soutenant au sein du master, le travail de recherche que menaient les étudiants. Ce travail pouvait rester au stade expérimental et qui n’avait pas nécessairement d’application immédiate professionnelle. Je dirais aussi qu’il y avait une réelle curiosité pour les dernières tendances et les nouveaux moyens de production utilisés dans le monde de la typographie.

 

Une fois tes études terminées, comment es-tu entré dans le monde professionnel avec une technique encore en « gestation » ?

T.G. : J’ai commencé comme free lance avec une intention : consacrer du temps à une pratique personnelle d’auteur et à la typographie. Le dessin de caractère est un process long, qui demande du temps pour arriver à maturité.

Quelques projets m’ont mis le pied à l’étrier, liés à la création d’identité visuelle. Mes réponses étaient toutes marquées par la création de typographie ou de lettrage originaux. Cette matière constitue mon outil de travail. Ses règles et ses contraintes sont un cadre que j’invoque à chaque début de projet.

Par ailleurs, j’ai réalisé lors de mes débuts professionnels, plusieurs peintures en lettres pour de la  décoration d’intérieur ou pour des enseignes de restaurants ou bars. La calligraphie m’a aussi ouvert les portes d’autres projets, la création de carte de vœux. J’ai travaillé pour un encadreur qui recevait des commandes de la Mairie de Toulouse. Parmi ces missions, j’ai eu la possibilité de faire un cadre légendé, dédié au Roi et à la Reine de Suède, qui était de passage.

 Axe sud, école supérieure d'arts graphiques

 

As-tu aussi réalisé des projets plus généraux relatifs à la communication ?

T.G. : J’ai ensuite travaillé pour un directeur artistique chargé de projets pour Nike. Très vite nous avons collaboré pour des événements, le lancement de modèles attachés à des stars de la marque comme Serena Williams, Neymar Jr ou encore, mon idole, Michael Jordan… Mes missions, la plupart du temps, étaient de réaliser des cartons d’invitation calligraphiés pour l’Europe et les Etats-Unis.

 

Comment as-tu fait pour devenir typographe, un métier de niche par excellence ?

T.G. : J’ai éprouvé le besoin d’approfondir mes connaissances en typographie. Ma première expérience décisive en la matière s’est construite lors d’une mission pour une fonderie indienne qui désirait diversifier son catalogue de fonte, essentiellement constitué d’écritures indiennes et la compléter de typographies latines. C’est à partir de ce moment que j’ai axé toute ma production sur le dessin de caractère. J’ai conçu plusieurs polices de caractère originales pour la fonderie.

 Axe sud, école supérieure d'arts graphiques

 

Créer un caractère typographique n’est pas une demande courante ?

T.G. : Me spécialiser dans ce domaine m’a permis d’être embarqué dans un autre projet mené par Black Foundry, créer une fonte pour le groupe Renault. L’objectif était de créer une typo embarquée dans les voitures, pour les écrans intégrés. Nous avons dû créer une famille complète couvrant des écritures non latines comme l’Arabe, l’Hébreu, le Coréen, le Cyrillic, le Chinois, etc. Puis le projet s’est élargi avec la création d’une fonte globale couvrant plus d’utilisations.  

 Axe sud, école supérieure d'arts graphiques

 

Après une telle expérience, quels sont tes projets ?

T.G. : Aujourd’hui, je souhaite finaliser plusieurs projets personnels, les enrichir de toutes les connaissances acquises en typographie et d’y apporter la rigueur forgée au fil de ma pratique pour un groupe international pour ensuite les publier. C’est un temps charnière où les travaux de graphisme et de communication visuelle restent présents.

 

Aujourd’hui, est-ce possible de vivre du dessin de caractère et de la typographie ? 

T.G. : C’est une question difficile. Le travail de la lettre est resté longtemps artisanal avec des temps de production longs. Aujourd’hui, la création s’accélère avec l’utilisation de nouveaux outils et les moyens de diffusion sont toujours un peu plus facilités. Il y a un grand nombre de nouveaux dessinateurs et de nouvelles fonderies qui se lancent. Pour tout étudiant qui souhaite entrer dans la profession, je pense qu’il faut d’abord acquérir une bonne culture typographique. Ensuite pour comprendre ce métier, il faut en connaitre les acteurs, faire des stages, des formations pour approfondir ses connaissances, se créer un réseau. Mais avant tout, être passionné !

 Axe sud, école supérieure d'arts graphiques

En savoir plus

Le site de Théo Guillard

Les principaux acteurs du marché, pour les caractères Latins

En France

- BlackFoundry, Production Type, Typofonderie, 205TF, A is for apple

A l’international,

-   Typotheque, Commercial Type, SwissTypefaces, Underware, Hœfler & Co, Frere Jones, OhNo Type, Klim Type Foundry

Pour plus d’informations un site qui tente de recenser toutes les fonderies : type-foundries-archive.com