Axe Sud - Ecole supérieur d'arts Graphiques et de Communication visuelle à Marseille et Toulouse

Parcours d’un “super héros“

Elle aime le Kitesurf, le street Art brésilien, Marseille, Miami et le dessin… Anne-Paule Tomasi est une jeune graphiste diplômée d’Axe Sud en 2000. Depuis 2011, elle a créé son studio de création Hulkette et développe ses talents à Marseille, Aix-en-Provence et outre-Atlantique…

Que faites-vous aujourd’hui ?

Anne-Paule Tomasi : En juin 2011, j’ai créé mon studio de création après avoir travaillé en free lance de nombreuses années, de 2002 à 2011 exactement.  

 

Pourquoi avoir fait le pas de graphiste free lance à directrice d’un studio de création ?

A.T. : Le regard du client est différent lorsque nous sommes une agence. Ils nous prennent plus au sérieux et c’est beaucoup plus facile de répondre à des appels d’offre ou des projets internationaux de grande envergure. Le studio est composé de 4 personnes dotées de compétences complémentaires : le web, graphisme, illustration, Photographie, Plan 3D, post production.  

 

Hulkette comme nom d’agence, ce n’est pas très sérieux ?

A.T. : Etant Fan des Marvels et ayant baignée dedans depuis môme, Hulk est devenu mon personnage favori… Et pour tout dire, c’est le surnom que mon père m’a attribué lors d’une performance ratée en m’amusant avec ses haltères. A force de gonfler le ventre, j’ai explosé tous les boutons de ma robe. De là à ce que certains me mettent au défi d’appeler mon agence Hulkette…

 

Travaillez-vous aussi à l’étranger ?

A.T. : Oui, dans plusieurs pays européens mais aussi aux Etats-Unis, à Miami. Encore une histoire ! Un de mes clients, restaurateur a traversé l’Atlantique et j’ai embarqué dans ses valises puisqu’il a continué à me confier la communication visuelle de son nouveau restaurant. Les Américains ont adoré la French Touch. C’est ainsi que l’agence a pu se faire connaître sur place.

 

Consacrez-vous beaucoup de temps à prospecter ?  

A.T. : La majorité de mes clients sont venus par le bouche-à-oreille. Et plutôt que de prospecter, j’ai une technique infaillible. Je ne me déplace jamais sans mes cartes de visites et mon MacBook. Ces 2 outils me suivent même durant mes vacances et je travaille dans des lieux publics, à la terrasse d’un café, sur une place… Les gens jettent des coups d’œil curieux, posent des questions. Un premier contact se crée et je propose ma carte de visite ! Hop, le tour est joué !

Ma deuxième carte est l’organisation d’événements en France et à l’étranger (Espagne, Brésil…) autour des sports de glisse : kitesurf, snowkite, VTT slope style… C’est un très bon tremplin pour multiplier les rencontres et prendre naturellement le devant de la scène.

Qu’est-ce que vous aimez dans votre travail ?

A.T. : Avoir des projets très différents d’un jour sur l’autre, des clients d’horizons extrêmement variés. C’est l’aventure au quotidien ! Le matin, je me lève et je commence sans savoir ce qui va se créer ! Dépaysements assurés !

 

Ce que vous aimez le moins ?

A.T. : Les clients qui renégocient les contrats… à la baisse évidemment. Certains exigent un travail vite fait pour pas cher et pour hier. Face à cette triade, mieux vaut apprendre à éduquer son client ou même refuser de continuer une collaboration qui devient usante. Cela m’est arrivé, j’ai pris le risque de « lâcher » un de mes plus gros clients. Après avoir fait son expérience du travail vite fait ailleurs, il est revenu.

 

Est-ce difficile de définir le prix de ses prestations, que l’on soit freelance ou studio de création ?

A.T. : C’est un vrai combat. A mes débuts, j’avais peu d’expérience, j’ai fait comme tout le monde, cassé les prix. Très vite, je me suis aperçue que c’était insuffisant pour vivre, inadapté au temps passé et surtout incohérent avec le savoir-faire apporté sur le dossier, la créativité exigée. Alors j’ai augmenté mes tarifs. Aujourd’hui, je propose deux types de rémunération :

-       un budget global estimé après une première analyse du projet. Cette analyse est réalisée avec le client. Cela permet de le connaître. Ne pas hésiter à recalculer ses tarifs pour des clients qui deviennent compliqués.  

-       une facturation à la journée (tarif fixe). Cela permet de travailler dans une certaine sérénité de part et d’autre.

Notre profession n’a pas de réglementations ou de normes. Les tarifs pratiqués sont très différents, si l’on est à Marseille ou à Paris, si l’on œuvre avec une grande agence de publicité ou des freelances, etc. C’est à nous d’apprendre à valoriser notre travail au juste prix.

 

Quels sont les projets les plus attrayants que vous avez réalisés ?

A.T. : J’en citerai deux.

- la refonte graphique d’un restaurant sur Miami “Bonjour French Café“ avec la prise en charge de l’ensemble de la communication : logo, charte visuelle, packaging, print, animation 3D…

- la communication visuelle pour une entreprise spécialisée dans le domaine ferroviaire. A l’origine du projet, des ingénieurs sans trop de sensibilité au graphisme, la mise en page, l’utilisation des couleurs. Aujourd’hui, ils en perçoivent les avantages et me confient toute leur communication, plaquettes, magazines, salons.

 

Quel projet a été le plus pénible ?  

A.T. : Un client qui voulait prendre part à toutes les étapes de production, débordant d’exigences pour lesquelles il ne proposait aucune rémunération. Dès que son site a été mis en ligne, j’ai déclaré qu’il fallait mieux cesser notre collaboration !

 

Vous et les nouvelles technologies, les réseaux sociaux, qu’en est-il ?

A.T. : Même si je n’ai pas baigné dans cette culture lors de mes études, aujourd’hui c’est devenu incontournable pour mon activité événementielle. J’utilise essentiellement Fb, twitter, instragram… J’apprécie de pouvoir partager un visuel sans donner d’explications. Juste transmettre l’émotion en toute discrétion…

 

Axe Sud, c’était comment ?

A.T. : J’y passais mes nuits à dessiner. L’esprit Axe Sud m’a beaucoup plus. Travail rime avec passion. Et puis cette impression de faire partie d’une grande famille où l’on est à l’aise pour créer, sans rivalité, sans pression.

 

Axe sud, en Trois mot ?

A.T. : Folie, famille, expérience… Tous les ingrédients dont j’avais besoin pour me sentir en confiance et assumer mon style graphique. Et toujours, cet esprit famille qui vous protège de la jungle extérieure !

 

Axe Sud, en trois visuels ?

A.T. : L’image que j’ai toujours en tête, c’est notre directeur, François (ah, mon idole) en train de faire le poirier à l’envers ! Cette image reflète l’esprit de l’école : détente, créativité et rigueur… à l’image de ses fondateurs, une « rigueur nonchalante » qui permet d’atteindre des buts inimaginables.

 

Le conseil que vous auriez aimé avoir reçu ?  

A.T. : Avoir plus d’informations pratiques sur les tarifs pratiqués dans le métier, sur le statut d’indépendant…

 

Vos univers de prédilection ?

A.T. : Mes voyages sont une source d’inspirations constante. Je me nourris de la culture graphique très riche et vivante de l’Espagne, du Brésil, de l’Indonésie… présente dans les rues avec un street Art détonnant.

Sur le web, je navigue entre behance, Pinterest, thebestdesign… Je suis un bloggeur/journaliste Francesco Mugnai ainsi qu’une illustratrice démente Margaux Motin… C’est tout ce que je suis à l’état pur, une maman qui travaille avec sa fille sur les genoux devant son Mac.

En savoir plus

-       Le studio de création Hulkette basé à Marseille

-       www.littlebrats.fr, créateur d’événements kitesurf et snowkite