Axe Sud - Ecole supérieur d'arts Graphiques et de Communication visuelle à Marseille et Toulouse

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Il faut oser !

Pour les jeunes étudiants en BD et Illustration, le Festival d’Angoulême est le rdv phare de l’année. Un moment crucial où il s’agit de décrocher un rdv avec un éditeur, pour ensuite présenter son travail et obtenir des propositions de contrats. Ça c’est le coup de grâce qui demande de déployer mille et une astuces… Les retours de Martin Py, étudiant en 3e année BD.

Une rencontre d’exception

 

Martin Py : Mon meilleur moment était ma rencontre avec les "gros éditeurs" en particulier l’instant où j’ai obtenu un rendez-vous avec les éditions MUTUNE ! C’est quasiment une mission impossible.

Le process est très codifié. Il faut arriver impérativement à 7 heures du matin. Faire la queue pour rencontrer le jury d’entrée. Il va décider si vous êtes apte ou pas à la rencontre cruciale. Et si vous recevez un oui, c’est encore lui qui décide quel éditeur vous allez rencontrer.

C’est le premier pas.

Ensuite, muni de votre sésame d’entrée, vous revenez l’après-midi. Evidemment, vous refaites la queue pour présenter votre travail devant l’éditeur désigné par le jury du matin. L’intérêt de cet entretien est d’avoir une véritable étude de votre projet, avec des conseils, des retours fortement constructifs. Et par bonheur, vous pouvez parfois obtenir des propositions : contrats, rough, conseil, associations avec d'autres artistes.

Le hic dans tout cela, c’est que notre bus est arrivé à 10 heures. Donc les tickets étaient déjà distribués. D’une certaine manière, c’était perdu d’avance.

Et dans mon esprit, une grosse déception qui s’installe corps et âme jusqu’à la rencontre avec Lucie, alias Lupiote, une ancienne élève d’Axe Sud. Elle avait obtenu le fameux ticket et venait de présenter son projet à l’éditeur MUTUNE. Lorsqu’elle m’en a parlé, je suis devenu fou, piqué d’adrénaline. Revirement total d’humeur.

Une trentaine de personnes attendaient patiemment leur tour d’entretien avec les éditeurs. Ma première tentative a été de racheter leur ticket ou de les leur subtiliser contre quelques blagues. Peine perdue, je ne me suis attiré que des regards noirs. Et pas un gramme d’humour. Et c’est là que la chance m’a souri. Une femme est sortie pour régler un problème d’ordre de passage. Et cerise sur le gâteau, elle faisait partie du jury des éditions MUTUNE. Alors je lui ai exposé ma requête à savoir être reçu pour présenter mon dossier, sans ticket puisque ce matin je n’étais pas présent aux guichets. Avec beaucoup de délicatesse, elle m’a dit oui. Avec une heure de passage : 17:30.

Et tout ça pourquoi me direz-vous ? Mon meilleur entretien de tout le festival avec en prime une publication numérique sur leur plateforme !

 

 

 

30 rencontres plus ou moins banales

 

M.P. : Lors du festival, j’ai dû démarcher plus d’une trentaine d’éditeurs. Beaucoup m’ont envoyé balader, 21 précisément, certains ont survolé mon travail, 6 maximum, 3 pour finir ont regardé avec attention mon dossier. Les stands ne sont pas le meilleur endroit pour rencontrer un éditeur. Trop de monde. Le mieux, et j’y reviens, est d’obtenir ces fameux tickets pour un vrai rdv. Ou alors de connaître du monde... ou de rencontrer les éditeurs hors de leurs heures de travail, le soir, le midi. C’est leur pause et ils ne seront pas forcément enclins à vous consacrer beaucoup de temps… mais s'ils apprennent à vous connaître, c'est toujours un premier pas !

C’est un travail de persévérance et de fourmi laborieuse. Difficile parfois de garder le sourire. En final, j’ai récolté 10 adresses mail pour envoyer mon travail d’éditeurs (5 sans trop de convictions, 4 donnaient l’air d’être intéressés, 1 m’a accordé un rdv pour la semaine prochaine). Un autre m’a proposé d’être édité numériquement et un dernier m’a demandé 15 pages de rough.

Voilà ma collecte auprès des éditeurs. Auprès des auteurs, c’est tout autre chose. Ils sont d’un abord facile et agréable. Ils nous apportent un grand soutien moral. Ils connaissent le métier, la dure vie d’auteur de BD, la motivation extrême dont il faut faire preuve pour être édité quitte à manger des spaghettis pendant de longues années. Ça redonne de l’espoir…

 

 

 

Des conférences aux rencontres humaines

 

M.P. : Là j’ai choisi les petites conférences où il était possible de rencontrer des auteurs, scénaristes, éditeurs. Contrairement à d’autres qui ont préféré aller écouter Franck Miller, auteur de BD américain et scénariste de films, ou Paul Dini, scénariste de comics, américain lui-aussi. Tous les deux sont extrêmement connus et délivre une expérience hors du commun. Personnellement j’ai opté pour les petites conférences. C’est le moyen de pouvoir poser des questions en direct.